Inauguration de la MAS Les Acacias par Mme Marie Arlette Carlotti,

Ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte à l'exclusion

le samedi 22 septembre 2012.

 

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Mme Marie Arlette CARLOTTI, Ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte à l'exclusion

et M. Christian GOUX, Président ADAPEI DU VAR; Mme Pascale MIGNOT, Directrice Territoire Centre et M. Patrick DEBIEUVRE, Directeur Général de l'ADAPEI DU VAR

 

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En arrière plan de gauche à droite :

M. Hagege, Président de la Fegapei - M. Bartel, Directeur du CHS Henri Guérin - Mme Mignot, Directrice Territoire Centre à l'ADAPEI du Var - M. Debieuvre, Directeur Général à l'ADAPEI du Var

 

Au premier plan de gauche à droite :

M. Giran - M. Canapa - Mme Prado, présidente de l'Unapei - M. Goux, Président de l'ADAPEI du Var, M. Deroubaix, Directeur Général de l'Agence Régionale de Santé

 

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Mme Carlotti, M. Goux, M. Deroubaix

 

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M. Canapa, Mme Mignot, M. Goux, M. Debieuvre, Mme Carlotti, Mme Prado, M. Giran

 

  

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L'espace réservé au buffet de l'inauguration se situe sur la terrasse de l'unité Côté Rivière

 

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Discours de Christian GOUX, Président  ADAPEI du VAR,

Membre du Conseil de surveillance de l’Hôpital Henri Guérin de Pierrefeu du Var

 

                                                                Pierrefeu- du- Var, le 22 Septembre 2012         

                                              

La voilà donc ouverte cette  Maison  des Acacias si chère à notre cœur et dont certains avaient osé croire qu’elle aurait pu ne pas dépasser le stade de projet.  Voici l’aboutissement d’une longue histoire initiée il y a plus de dix ans avec l’appui bienveillant des responsables gouvernementaux de l’époque et de bien d’autres ici présents  qui avaient compris l’enjeu national de cette réalisation : la nécessité de soigner, d’éduquer et d’accompagner en même temps . Et donc de briser le mur artificiel qui sépare  trop souvent le sanitaire et le médico-social Et ainsi au-delà des structures faire évoluer les mentalités car les  responsabilités de cette situation  sont partagées par tous les acteurs de notre société. Ce qui est réalisé sous vos yeux avait été pensé bien avant les lois de 2002, de 2005, de 2009 car les associations de parents parmi les plus lucides  sont, par nécessité et par devoir,  les pionniers  de  ce type de  solution aujourd’hui encore extra ordinaire  

 

Certes il est toujours difficile d’être en avance sur son temps et il faut user de son influence personnelle pour faire avancer les choses, même et d’abord  dans son propre camp. Mais cinquante ans d’expérience et d’épreuves, permettent de triompher de bien des obstacles.

 

Et surtout, chers amis, soyez  en certains, rien n’arrête une idée quand son heure est venue  

 

La joie que j’éprouve aujourd’hui est bien  sûr partagée par celles et ceux qui trouvent ici leur place dans cet établissement adapté à leurs besoins, partagée aussi   par leurs familles que je salue et qui vont rejoindre nos rangs, partagée enfin par toutes les personnes qui nous ont aidé et soutenu contre les vents contraires que doivent affronter tous  les précurseurs.

 

Car il a fallu bien des ruses pour commencer à faire admettre que tout cloisonnement était stérile et que l’essentiel de notre mission était d’accompagner en toutes circonstances, quel que soit leur handicap, celles et ceux qui ont besoin de nous et dont les familles frappent à notre porte Aussi l’opportunité de créer dans l’enceinte de l’hôpital de Pierrefeu-du-Var une Maison d’accueil spécialisée fut un facteur déclenchant. Avoir à quelques dizaines de mètres de distance des infirmiers s’occupant de patients et des éducateurs spécialisés accompagnant des résidents montre clairement le chemin à parcourir pour faire face à la nouvelle donne imposée par la présence d’êtres humains ayant besoin à la fois d’éducateurs et d’infirmiers.

 

Qui sont-ils d’ailleurs  ceux que nous accueillons ? Comment les nommer : question centrale qui résume tout : notre époque cherche les mots pour designer ce qui n’est pas dans la norme, et refuse trop souvent de nommer la réalité par des mots simples, ce qui amènerait à faire prendre conscience à la population des mesures radicales à mettre en œuvre. Obstacle supplémentaire : la pudeur et la douleur des familles touchées les empêchent de nommer le malheur qui les atteint et que le regard de l’autre, même celui plein de compassion, ravive en permanence. On pourrait croire au premier abord  à une certaine hypocrisie mais en réalité l’impossibilité de nommer et de tenir compte des  changements permanents de définition technique traduit le profond malaise de notre société. Parler simplement avec les mots de tous les jours   n’est pas dans la norme véhiculée par les medias de masse ni ici ni ailleurs. .

 

Car ainsi va la vie. Bousculer les habitudes, être parfois, que dis-je, souvent « border line »  quand on est confronté à l’incontournable réalité, tel est le rôle de chacun dans notre association et dans toutes celles de ce type. Nous y puisons notre force parce que nous savons que notre action touche à l’essentiel .Toutes les personnes dont nous avons la charge, même et surtout  celles que nous pensons les plus touchées déchiffrent avec leur sensibilité propre et par des voies différentes  ce que pensent d’eux leurs parents, leurs proches, les professionnels, nous tous, comme l’avait si  bien montré il y a plus de trente  ans Stanislas Tomkiewicz, psychiatre au CESAP dont l’amitié m’a été si chère. Alors, les résidents, accompagnés comme nous savons le faire,  nous accordent leur confiance et de ce simple fait  vivent dignement et de bien meilleure façon.

 

Madame la Ministre, si cette Maison est une réussite, nous le devons à l’importance du sujet traité et à ses répercussions majeures au niveau national : sortir, ceux qui sont les plus atteints,  d’une vie sans espoir, immobile et délétère,  par l’accompagnement et l’éducation, même si cela semble très difficile car elles redonnent et la vie et l’espoir et elles  évitent aussi  pour tout le personnel  le syndrome d’usure dans des institutions inadaptées. Elles  redonnent  aussi et la vie et l’espoir à des  familles en détresse, dont la présence sur les longues listes d’attente me rappellent pour certaines que j’ai reçues  l’image d’une indicible souffrance.

 

Tâche difficile. Les obstacles sont nombreux. La route est longue. Pour avancer, il ne faut ni craindre ni douter car la crainte est servile et le doute est stérile. L’inertie seule est menaçante. J’ai quelquefois été découragé, car provoquer des changements dont on mesurera plus tard les conséquences  ne va pas de soi. On sent les abus anciens, on en voit la correction ;  on imagine aussi  les abus de la correction elle-même. Mais quand j’ai vu ce qui était fait ailleurs et qui allait dans le sens de ce que nous souhaitons tous, humanisme, solidarité et fraternité, alors je me suis dit : nous aussi nous avons su faire.